Le loup tapis au …dernier rang

Je suis en passe de grand désarroi,

Et savez-vous pourquoi ?

Egalité, liberté, fraternité

Sont de jolis mots

Mais devenus abstraits, périmés

Voir même galvaudés

Pour nos enfants, plus de voies

Voies de science ou de garage

Pour que le libéralisme s’enfle, se gonfle

Et gronde encore

Combien d’écoles rurales

 Faudra-t-il sacrifier ?

Car il ne faut surtout pas se leurrer

La liberté de penser, d’apprendre différemment

Et mis à mal méchamment

Poser des questions, s’interroger n’est plus de saison

Sinon il y a les portes de la prison

Prison d’état mais aussi

Prison de notre conscience et de notre inconscience

Les deux heures de trajet pour qu’ils aillent pointer

C’est pour les habituer.

Nos marmots n’auront qu’à bien se tenir

Fichés dès 3 ans…

Pour leur plus grande sécurité, évidemment

Empêtrés de citoyenneté bon marché

Pensant à 8 ans quel métier peut rapporter

Ou, selon l’habitus, à quel âge le chômage commencé

Des rires, des jeux, des conneries de camaraderie

Voilà ce que j’aimerais leur prédire

D’apprendre intelligemment, sans contrainte d’examen puant

Que tout soit prétexte à la connaissance et à l’apprentissage

Sage

Sachant se questionner et s’émouvoir

Devant un papillon, un vieux grimoire

Réalisant à chaque instant

Que leur vie leur appartient

Qu’ils l’ont bien entre leurs mains

Mais aujourd’hui,

« Ils » ferment les classes, les écoles

Sans se soucier de l’enfant

Le gouvernement ne respecte pas le contrat

Et offre le pire pour récolter le meilleur :

Une main d’œuvre soumise et mal payée.

Les fossés vont se creuser

De plus en mal

Et mon cœur, mon âme

Saignera plus que jamais d’avoir procréé

Pour n’avoir rien de mieux à leur donner.

Mais, il y a encore l’espoir

De voir

De loin en loin

Se lever des mains, monter les poings

De dire non au dictats de l’état

De montrer que nous sommes là

Pour mieux se réapproprier

La vie que l’on nous avait spoliée

Et vaille que vaille

Fouler les interdits policiers

Qui protègent les intérêts capiteux et capitaux

Des bourgeois et non des prolos.

 Marie-Line BON

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