Que faire pour sauver les classes uniques ?

La première serait que l’opinion finisse par être « au courant » de la valeur et l’originalité de ces classes, en premier lieu toutes les organisations d’enseignants, de parents, de citoyens qui militent pour l’école. Le problème, c’est que leur « valeur » et leur originalité sont dérangeante. Défendre l’école rurale de façon générale est plus facile et ça ne mange pas trop de pain… mais c’est complètement inefficace. Lorsque nous avons pu, momentanément, enrayer la machine éradicative, c’est en mettant en avant les résultats et les pratiques surprenantes des CU. En mettant en avant leur « modernité ». Une petite partie de l’opinion a alors dressé un peu l’oreille. Et puis les CU ont cessé d’être un cheval de bataille, y compris pour les ruraux. Et en avant la concentration, les établissements publics intercommunuaux, etc.

Ce qui est d’autant plus navrant, c’est que les CU constituent des lieux d’innovation (ancestraux !) que l’on ne peut taxer d’idéologiques, même les groupuscules anti-pédagogiques réactionnaires ne peuvent s’y frotter. On peut les sortir des polémiques dont se régalent les chantres du b a ba. Il n’y a rien à créer, il n’y a qu’à constater ce qui se passe là où l’on ne peut pas faire autrement que faire de la « pédagogie » !

La disparition des CU est beaucoup plus grave qu’on ne le pense : c’est la disparition de la dernière preuve que les destructeurs actuels de l’école on tort. C’est le dernièr bastion naturel, le dernier recours d’une « autre école » possible. Ce ne sera pas un vestige qui disparaîtra mais la dernière perspective du futur dont on n’avait qu’à s’inspirer un peu. Les urbains seront les premiers à le payer.

Qu’est-ce qu’on peut faire ? une mobilisation générale. Encore faudrait-il que les premiers intéressés y croient. Encore faudrait-il qu’ils soient soutenus par tous ceux à qui il reste un peu de pouvoir, de notoriété, de moyens, d’astuce, d’audience, de courage… Ce sont les petites choses, les choses simples, les graines, qui sont à sauvegarder en priorité absolue. Mais on n’en est pas encore à creuser le Groenland pour y conserver les graines de classes uniques ou à mobiliser les écolos pour placer quelques oursons de CU dans les Pyrénées !

Bernard Collot

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